Programme
Le programme consistait à concevoir une "habitation" (le programme et le lieu étaient libres) intégrant les apports du cinéma (ou des images animées) à l'architecture, à notre manière de concevoir l'espace.
Notre réponse...
Autrefois le récit était essentiellement oral. Il existe encore dans certains pays une tradition de « conteurs », qui était encore présente chez nous il n’y a pas si longtemps et qui peut survivre dans certaines provinces reculées. La forme écrite lui a succèdé, mais nous devrions aussi parler des formes picturales qui l’ont accompagnée, des fresques au peintures et dessins… jusqu’à la photographie.
Le cinéma reprend avec de nouveaux moyens cette tradition du récit, alliant des images et des sons pour créer une forme radicalement nouvelle et reproductible. C’est une nouvelle possibilité d’explorer notre environnement mais aussi notre condition d’êtres humains.
Cette conscience et ce recul sur nos modes de fonctionnement se doublent d’une exploration géographique des cultures qui nous entourent, et aussi de leur histoire. A travers le cinéma, c’est tout le travail des géographes, des ethnologues, des historiens qui est convoqué pour mettre en scène, en images et en son, notre récit.
Les formes qu’emprunte le récit cinématographique sont très variées : documentaire, fiction, film d’animation, clips, télévision, Internet… De notre point de vue il serait vain de chercher a en extraire une « forme » synthétique qui serait traductible en architecture, lui-même art de la forme spatiale. De la même manière une traduction « métaphorique » de l’image cinématographique (vitesse, mouvement, séquences…) nous semble vaine et vide de sens.
Ce qui nous intéresse, c’est ce que le cinéma nous apprend sur nous-mêmes en tant qu’êtres humains et sur nos cultures. Les architectes se sont longtemps nourris de leurs voyages et des découvertes qu’ils leur apportaient. Le cinéma amplifie cette faculté et développe le récit de la condition humaine. Il nous permet ainsi de redécouvrir des formes architecturales ancestrales, « primitives », éloignées dans le temps ou dans l’espace… distantes des contraintes normatives et fonctionnalistes de la société de production qui a formaté une grande part de notre architecture aujourd’hui. Le cinéma peut nous émerveiller et nous ramener a l’essentiel.